L’appel des crêtes
A peine arrivé dans la vallée, qu’elles sont là, devant vous, posant fièrement du haut de leur million d’années. Tantôt parsemées de teintes vertes, tantôt couvertes d’un long manteau blanc, elles ne disent rien, elles vous observent.
Mais sachez le, une fois que vous y avez gouté, vous ne pourrez pas vous défaire de leur emprise. C’est comme une drogue. Vous avez beau résister et vous dire que vous n’aller pas les rejoindre, pas moyen. L’appel des crêtes est bien plus fort que vous!
C’est ainsi que je me suis retrouvé mardi dernier à 5h du matin à contempler le soleil qui allait se lever du haut du Hohneck.
Évidemment, l’idée première, comme à chaque sortie là haut, c’est d’aller côtoyer les hôtes de ces montagnes.
D’habitude, je vais les chercher du coté du Petit Hohneck, sur la chaume du Schaeferthal ou encore du coté des roches de la Martinswand. Cette fois-ci, j’ai décidé d’aller de l’autre coté, au sud du Hohneck, vers le Wormspel.
C’est d’ailleurs là que j’aperçois mes premiers individus.
5h30, le soleil n’est pas encore levé. Aucun cliché mais une observation sympathique d’un petit groupe de 5.
6h00, les premiers rayons atteignent les chaumes qui se parent de couleurs somptueuses. C’est à ce moment qu’un chamois choisi de descendre du sommet. Il est encore assez loin mais j’adore les voir dans leur milieu.
Je commence à réaliser, à la lumière du jour, que l’hiver a vraiment été long. Le vert n’est pas encore très présent, les herbes sont encore couchées et peu de fleurs égaient la prairie.
Je décide de partir à sa rencontre.
6h30, me voilà à sa hauteur. Il s’agit probablement d’une femelle, au vu de la courbure de ces cornes. Je la retrouve tranquillement posée dans les premiers plans de myrtilles, se dorant la pilule au soleil.
Après un moment passé en sa compagnie, elle choisit de continuer son périple qui la conduira sous le couvert de la forêt, où elle se sentira en sécurité pour passer sa journée.
Je me dis alors que je vais essayer de la suivre un petit moment, vu qu’elle ne semble nullement perturbée par ma présence. Aïe…grand mal m’en a pris puisque voici la dernière photo faite avec mon trépied avant que je ne glisse sur 10m en plein Wormspel. Tentant pas tous les moyens de m’arrêter avant d’aller m’écraser sur les roches en contre-bas, je me suis agrippé à un pied de mon trépied que je tentais de planter dans les herbes. Je me suis finalement arrêté….mais le trépied n’a pas survécu. C’était lui ou moi!
Juste pour le document, voici l’état du trépied:
7h00, après avoir remonté difficilement la pente, je vais me remettre de mes émotions en me posant dans un petit coin des roches du Spitzkoepfe où je sèche ma transpiration. Cette fois, c’est moi qui me dore la pilule, parmi les Pensée des Vosges!
8h30, le moment est venu de repartir. De toute façon, depuis longtemps les chamois sont partis se réfugier dans la forêt, inaccessible pour nous, pauvres bipèdes. Je décide de repartir en passant par le sommet du Hohneck.
9h00, après une bonne petite grimpette pour atteindre le sommet, je me pose au ras du sol pour quelques photos des anémones pulsatilles en fleurs, à cette époque de l’année.
9h30, il est temps de rejoindre la voiture. Comme à chaque visite là haut, j’ai des images plein les yeux. Toutefois, je suis un peu déçu que ça se soit passé comme ça. Je n’ai même pas eu le temps d’aller à la rencontre des jeunes chamois qui, à cette époque de l’année, sont assez présents et suffisamment grands pour ne pas être dérangés par une présence discrète.
Une fois de plus, la Nature m’a prouvé, si c’était nécessaire, qu’elle est toujours plus forte que nous et qu’il faut savoir rester humble devant elle.
La série complète est visible en suivant ce lien ou encore ici sous forme de diaporama automatique.













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